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Echanges entre les concepteurs du projet de Grasse et le Collectif

 

 

 

Le Collectif pour la Défense Salindres, le 14/03/2006

de la Qualité de Vie

à Salindres

 

à Monsieur Alexis BLANC

Ingénieur au SIVADES

06 Cannes-Mandelieu

J’ai adressé hier deux fax , l’un à Monsieur LEULEUX maire de Grasse et l’autre à Monsieur PIBOU maire de Pegomas, tous deux concernés par le projet du SIVADES qui semble proche de celui du SMIRITOM d’Alès.

Vous m’avez donc appelé à la suite d’un contact du Maire de Grasse.

Je reviens comme promis sur notre longue discussion téléphonique de ce matin.

Tout d’abord, permettez-moi de faire le distinguo entre vous qui êtes à l’évidence à l’écoute et répondez aux questions et notre ingénieur spécialisé en environnement « Bac + 8 ou 10 » du SMIRITOM Monsieur LANOIR qui ne pouvant souvent répondre, évoque son devoir de réserve. (sic)

Ceci étant dit, venons-en au problème qui nous lie : notre usine de tri compostage que vous appelez centre de valorisation organique. Votre nom a pour avantage de ne pas apporter de confusion avec le tri sélectif. C’est notre premier point d’accord.

Il est cependant quelque peu trop « valorisant » pour une unité industrielle qui va faire du compostage d’ordures « grises », le rebut de vos poubelles. (100.000 tonnes)

Pour résumer notre conversation, vous nous dites que vous avez avant l’appel d’offres opté pour la concertation avec les associations. C’est notre deuxième point d’accord.

Ce ne fut pas le cas chez nous, et ne l’est toujours pas, puisque les élus et le SMIRITOM (le SIVADES du coin) sont d’un mutisme étonnant. Néanmoins, vous me dites que les associations de la région de Grasse ont donné leur feu vert… peut-être, mais sur quelles bases ? de beaux dessins, un joli diaporama ? Nous avons mis huit mois pour connaître le dossier des déchets (et encore imparfaitement) et nous sommes stupéfaits par l’irresponsabilité de nombre d’élus qui ne font que se reposer intégralement sur des bureaux d’études et parfois sur des ingénieurs dont on se demande où ils ont acquis leur savoir. (je ne parle pas pour vous que je ne connais pas). Les associations ont peut-être aussi fait confiance à des ingénieurs de bureau d’études… pour notre part, nous ne faisons confiance, ni ne vouons personne aux gémonies avant d’avoir pu les juger sur pièces. Dans notre affaire, nous avons enquêté, et le résultat n’est pas brillant. Je ne doute pas qu’il vous sera aisé d’avoir un dossier plus propre !

Vous confortez notre point de vue sur l’emploi : ce genre d’unité n’est pas créatrice d’emploi.

En effet, vous avez reconnu que pour votre tonnage, il n’y aurait tout au plus que 25 emplois créés. Or, chez nous, les élus faisaient de l’emploi leur argument « princeps » C’est notre troisième point d’accord.

Je constate aussi qu’il semble que dans la région de Grasse et Pégomas, les élus envisagent de donner aux populations des composteurs individuels. Vous parlez également de tri sélectif et de compostage dans l’habitat vertical. Nous sommes tout à fait pour ce genre d’initiatives qui vont dans le bon sens. C’est notre quatrième point d’accord.

Mais, et c’est là que le bât blesse, vous m’avez dit que vous ne pourriez espérer que 10 % de tri sélectif pour la totalité des ordures ménagères. (Et en faisant d’énormes efforts : 20%)

Vous savez que ce taux peut être franchi allègrement ; cela ne dépend que de la volonté politique des élus. En effet, il suffit de créer quelques emplois (presque autant que votre future usine) pour faire la promotion et l’éducation de nos populations dans toute une région.

Il faut leur expliquer que le tri fait économiser « in fine » de l’argent aux contribuables et entre tout à fait dans le cadre du développement durable, de la Charte de l’environnement (Loi Constitutionnelle) Certes, cela demande du travail et de l’engagement.

Vous pourrez arguer que les gens ne veulent pas faire des efforts… mais, lorsqu’il s’agit de réduire le nombre de tués sur les routes, l’état trouve des solutions : les radars et les amendes. Vous savez qu’il existe des pays où les citoyens payent leur taxe d’enlèvement des ordures ménagères en fonction du poids de leurs déchets… est-ce impossible en France ?

De plus, et vous en avez convenu, le fait de créer ce genre d’unité de traitement des déchets entraîne de facto l’augmentation des déchets non triés, (en moyenne 20%) car les gens disent : « il y a l’usine qui trie nos poubelles » et cela va, à notre sens à l’encontre d’une politique d’une réduction des déchets. Cela est notre cinquième point d’accord.

Venons-en maintenant à votre projet et à votre appel d’offres qui est d’environ 36 M d’Euros pour 100.000 tonnes. Notre projet pour 66.000 Tonnes maxi prévues était à l’origine de l’appel d’offres de 7.8 M d’Euros. Un enfant de 10 ans peut faire le calcul : vous allez investir 360 Euros / T. Chez nous, l’investissement du pauvre prévu était de 118 Euros / tonne. Il y a deux solutions : ou votre projet dilapide l’argent public, ou le nôtre est fait avec des bouts de ficelles… Je vous laisse le soin de trier le bon grain de l’ivraie.

Parlons du fameux « zéro rejet atmosphérique » que l’on nous promet et qui vous à fait rire ; cela était perceptible, même au téléphone. Et vous avez même rajouté : « c’est n’importe quoi ». Nous en sommes à notre sixième point d’accord.

Pourtant, comprenez que je sois perplexe, car sur votre propre site, concernant votre projet « GRASSE PEGOMAS » : http://www.sivades.fr/index.asp?id=107

il est écrit en toutes lettres :

"sans nuisance sur le milieu extérieur (zéro odeur, zéro fuites etc)."

Avez-vous bien regardé votre propre site ? Je pense que vous devriez faire corriger cette ineptie ! Zéro fuites ? Pourquoi pas zéro panne ? Zéro erreur humaine ? Vous voyez, il y a quelques parallèles entre notre projet et le vôtre.

Concernant votre appel d’offres, je note que chez vous des pénalités sont prévues en cas de nuisances. Il serait intéressant d’avoir le texte intégral de votre appel d’offres que je n’ai pas eu le temps de chercher sur Internet.

Concernant la qualité future de votre compost, vous m’avez dit que vous auriez des déchets verts qui feraient 25 % du compost total en norme NFU 44-051. Vous connaissez les limites de cette norme qui n’est qu’un garde fou, et non une garantie de qualité. Même votre compost de déchets verts pourra être chargé de métaux lourds ou polluants divers lorsqu’il s’agira de coupes réalisées en milieu urbain ou sur autoroute. Vous me l’avez confirmé.

Votre compost n’aura malheureusement pas la qualité de la norme Cérafel, ce qui lui aurait permis d’être commercialisé. Vous avez en convenu.

Pour ce qui est 75% restant de votre compost, le coût de mise en décharge chez vous étant de 100 Euros la tonne, vous m’avez déclaré que ce serait à l’exploitant de le valoriser. Ce brave homme devra s’armer de courage, car son compost, il ne pourra le vendre, et cela, vous le savez. Sans doute essayera-t-il de remplir quelques carrières de l’arrière pays, de combler quelques terre-pleins… mais après les pluies… lixiviats, et ensuite, retour du jus pollué vers la nappe phréatique. Bonjour l’environnement !

Pour ce qui est de « notre » projet, le coût du traitement de la tonne de déchet est évalué à 86 Euros (il n’y a aucun engagement de la part de Cévennes Déchets, le lauréat du marché public du SMIRITOM d’Alès qui va bientôt entrer dans les annales) … chez nous, on n’ose pas parler du coût de la mise en décharge, ni de son lieu, car on navigue au jugé alors que vous osez aborder le problème. Etonnant, non ? Chez vous, quel est le prix fixé pour le traitement de la tonne de déchet ? Est-il garanti, ou est-ce une évaluation incertaine comme chez nous ?

Je serais intéressé par un argumentaire sérieux de votre part concernant la garantie d’innocuité de votre process, et son originalité par rapport au nôtre. Je peux vous faire parvenir l’intégralité des diapos de notre projet. Peut-être pourriez-vous en faire de même à propos du vôtre?

Je note une différence que je ne comprends pas : dans le projet du SMIRITOM, il est bien spécifié qu’aucune main d’œuvre qualifiée n’est nécessaire. Cela est présenté même comme argument. Or, dans votre cas, vous m’avez dit qu’il fallait un personnel très qualifié. Comment expliquer cette différence notable ?

Votre projet serait-il plus sérieux que le nôtre ? Si tel est le cas, donnez-nous les éléments objectifs et scientifiques pouvant nous permettre de nous faire un jugement.

Voilà pour l’essentiel. Nous ne sommes pas des imbéciles opposés au traitement de nos propres déchets, mais des gens pragmatiques qui analysent une situation dans son ensemble, alors que souvent, les élus parent au plus pressé et choisissent une solution qui les satisfait à court terme. Alors, comprenez que des habitants qui savent qu’ils vont vivre et mourir (le plus tard possible) dans leur commune s’inquiètent, enquêtent, avant d’accepter que, qui que ce soit leur propose et veuille leur imposer tout et n’importe quoi.

Nous sommes conscients aussi que le marché du déchet est un énorme marché financier et que les industriels se font une guerre sans merci. De grâce (si j’ose dire) pensez aux citoyens, et à leur devenir. Que les élus traitent proprement ce genre de dossier, et ce au mieux des intérêts de leurs concitoyens et sans arrière-pensées électorales. Cela engage les communes pour des dizaines d’années.

J’attends avec intérêt vos éléments sérieux, bien étayés pour me convaincre, mais il me semble que la filière que vous avez choisie est à la base une mauvaise filière. Vous savez en tant que scientifique que la base du traitement des déchets (malgré le fait que les industriels de tous poils créent et multiplient les déchets divers volontairement) est de faire un tri sélectif le plus poussé et le plus rigoureux possible.

Là, vous avez opté pour une mauvaise solution qui immanquablement aura des répercussions sur la qualité de vie des riverains. Mais après tout, si les habitants de Grasse , de Pegomas, et les élus s’en satisfont, alors, vogue la galère !

Je reste, Monsieur à votre disposition pour tout échange sur le domaine du traitement des déchets. Je vous avoue que ce qui me préoccupe en premier est ce qui se passe sur notre commune de Salindres, mais un mauvais projet, où qu’il soit doit être combattu.

Or, je ne vois pas pourquoi le travail titanesque que nous avons effectué ne servirait pas aux autres. Nous vivons dans un monde d’égoïsme… alors, un peu d’altruisme de temps en temps, ça ne fait de mal à personne !

Pour le COLLECTIF

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