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Midi Libre :Edition du 28 Janvier 2006
Près de 500 personnes ont assisté à la......
 
Opposition argumentée à l’usine de tricompostage de Salindres
Près de 500 personnes ont assisté à la réunion publique, organisée, jeudi soir à la salle Becmil, par le collectif pour la défense de la qualité de vie à Salindres opposé à l’implantation sur la commune d’une usine de tricompostage des déchets.
Ces Salindrois ont exposé de manière didactique le fruit d’un travail d’investigation de trois mois. Ils ont réalisé une enquête pour répondre, selon eux, au manque de transparence du président du Smiritom (Syndicat mixte intercommunal du traitement des ordures ménagères), Max Roustan, et du maire de Salindres, Daniel Verdeilhan.
«Nous avons été surpris d’apprendre que notre village de 3200 âmes allait recevoir les ordures résiduelles, non triées, de 106000 habitants!» Devant un auditoire attentif (avec le maire salindrois et un technicien du Smiritom), le collectif a précisé que le tricompostage n’avait rien à voir avec le tri sélectif.
«On ne valorise pas les ordures ménagères avec une telle usine. Ça mérite un tri rigoureux qu’il sera impossible de faire à Salindres. Ce compost n’aura aucune valeur marchande, personne n’en veut car il y a trop d’impuretés chimiques.» Le public a écouté dans un silence pesant l’étude technique. Il a ainsi appris que l’usine répondait à des normes aujourd’hui dépassées, que la société qui va exploiter le site, Cévennes Déchets, n’a pas l’expérience d’une telle usine de tricompostage. Le collectif a estimé aussi qu’il n’y avait pas d’études assez précises en France sur les risques encourus par les riverains d’une telle usine de tricompostage.
Du coup, ces "enquêteurs" demandent à ce que le projet ne se fasse pas sur Salindres, à 1km des premières habitations, selon le principe de précaution. «Le CAT Oustalado, le bas de Salindres, le stade, l’école maternelle et le Saut-du-Loup seraient dans le rayon de l’usine.» Mais, jeudi soir, le collectif est allé encore plus loin dans son analyse. «Puisque cette usine, qui est un prototype, ne sera qu’une fabrique à déchets, il faudra bien traiter les ordures avec l’incinération ou l’enfouissement. Si l’usine se construit à Salindres, on risque d’avoir dans quelques années un incinérateur juste à côté, surtout pour éviter le coût des transports.»
Le collectif a proposé pour solution le tri des ordures par petites unités, dans chaque commune, à l’image de ce qui se fait à Gagnières. Il a également révélé que Rhodia n’avait toujours pas vendu le terrain. Le permis de construire de l’usine n’a toujours pas été déposé selon le collectif. Le maire de Salindres n’a ni affirmé, ni démenti toutes ces révélations, estimant que «le projet tel que vous le décrivez, moi non plus je n’en veux pas.» Le maire a révélé au public qu’il voulait organiser lui aussi une réunion publique sans préciser la date. A Salindres, on n’a pas fini de parler de cette usine…

Y.B.
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